1. Introduction et cadre juridique de l'état des lieux
Le présent texte porte sur l’analyse de l’acte dressé du 7 au 9 juin 1724 en la paroisse de Trezel. Cette procédure, conduite par Maître François Jacob, notaire royal à Saint-Léon, s’inscrit dans un cadre juridique rigoureux dicté par une ordonnance du sieur le châtelain de Moulins datée du 30 mai 1724.
L’acte fait suite au décès de Maître Charles Brirot, avocat en la cour, dont la succession nécessite un inventaire contradictoire avant la mise en œuvre d’un nouveau bail. Les parties prenantes à cet acte de « mise en valeur » sont :
· Louis Annaud : Laboureur demeurant à Trezel, agissant comme preneur et adjudicataire du revenu des immeubles.
· Marien Lavenier : Docteur en médecine, intervenant en qualité de tuteur de Claude Brirot et de « mari et maître des droits » de Charlotte Françoise Brirot, héritiers du défunt.
· François Robert : Métayer en place, garant de la direction du ménage et de l’exploitation effective des terres.
L’objectif de ce procès-verbal est de consigner l’état des bâtiments, l’étendue des semences et la valeur du cheptel, afin de fixer les responsabilités et les éventuelles déductions de fermage liées aux réparations nécessaires.
L'intérieur des bâtiments aux Guitons. La pièce principale d'habitation a un sol irrégulier en terre battue, une table et des bancs un lit avec sa paillasse. Une grande cheminée et un four en mauvais état. Ce sont des conditions de vie très rudimentaire.
L'étable n'est pas en bon état et ne paraît pas assez grande pour faire tenir tout le bétail.
1. Une hiérarchie sociale marquée
Le registre révèle une société très stratifiée où les titres et les professions définissent l'identité des individus.
· L'élite locale et la noblesse : On note la présence de la petite noblesse et de la haute bourgeoisie avec des titres comme « escuier » pour les familles Fradel du Lonzat ou de Finance. Les fonctions juridiques et administratives sont prestigieuses : « conseiller du Roy » , « advocat en parlement » , « notaire royal » et « procureur d’office ».
· La bourgeoisie marchande et artisanale : Le tissu économique est représenté par des « marchands » , des « chirurgiens » , ainsi que des artisans spécialisés comme le « maître mégissier » , le « tanneur » ou le « maître tailleur d’habits ».
· Le monde rural : Bien que moins détaillé dans ses titres, le monde paysan apparaît à travers le terme de « laboureur ».
2. Démographie : La fragilité de la vie
Les actes de décès soulignent la dureté des conditions de vie de l'époque, marquée par une mortalité infantile et juvénile omniprésente.
· Hécatombe chez les jeunes : En l'espace de quelques mois (janvier à mars 1693), le registre enregistre les décès d'un nourrisson de 5 mois , d'un enfant de 8 mois , d'un petit de 2 ans , ainsi que d'enfants de 5 et 8 ans et d'un adolescent de 16 ans.
· Longévité relative : Les adultes mentionnés décèdent aux alentours de la soixantaine (60, 63 et 67 ans) , ce qui correspond à une forme de vieillesse pour cette période, bien que certains meurent plus tôt, comme Anthoinette Minard à 45 ans.
3. Vie religieuse et réseaux de solidarité
L'Église est le pivot de la communauté, gérant les étapes clés de l'existence (baptême, mariage, sépulture).
Aspect Observations tirées du texte
Le clergé Le prieur claustrat, Dom Antoine Blant, assure l'intérim en l'absence du curé de Jaligny pour les baptêmes.
Sépultures Jaligny n’a pas de cimetière. Toutes les sépultures se font dans l’église.
Parrainage Le choix des parrains et marraines révèle des stratégies d'alliance ou de protection. Les officiers de justice (comme M. Lefbvre) ou leurs épouses sont souvent sollicités, soulignant leur influence dans la paroisse.