Patrimoine de Jaligny et des alentours                

Synthèse des Archives Paroissiales de Chavroches (1609-1726)

   L'analyse des extraits des registres paroissiaux de Chavroches, couvrant la période de 1609 à 1726, offre un aperçu détaillé de la vie sociale, religieuse et communautaire de cette paroisse à deux époques distinctes. Les documents, qui incluent des actes de baptême, de décès et un procès-verbal de bénédiction de cloches, révèlent une structure sociale hiérarchisée, des réseaux familiaux denses et le rôle central de l'église.
Les principaux points à retenir sont les suivants :
    Structure Sociale et Hiérarchie : Les actes mettent en évidence les distinctions sociales à travers l'usage de titres tels que "Sieur", "Damoizelle", "honnorable homme" et "Maistre", ainsi que par les professions mentionnées (procureur fiscal, fermier de la seigneurie, marchand, praticien, docteur en médecine). Le lieu de sépulture, notamment à l'intérieur de l'église et devant des autels spécifiques, servait également de marqueur de statut.
   Réseaux Familiaux : Les noms de famille, tels que Guiton et Chenal, apparaissent de manière récurrente dans les actes de baptême, à la fois comme parents et comme parrains/marraines, illustrant des liens de parenté et de solidarité étroits au sein de la communauté.
Pratiques Religieuses et Communautaires : Les registres documentent les rituels sacramentels fondamentaux. Un événement exceptionnel, la bénédiction de nouvelles cloches en 1726, souligne l'importance des investissements communautaires dans la vie de l'église, impliquant des membres éminents de la société comme parrains et marraines des cloches.
   Le Rôle du Clergé : Au-delà de leurs fonctions liturgiques, les prêtres, comme le curé Louis Esbrard en 1726, jouaient un rôle actif dans l'amélioration et l'embellissement du domaine paroissial, comme en témoignent ses notes personnelles sur la plantation de vigne et d'arbres.

DOSSIER 
COMPLET

LA CRISE HUMANITAIRE DE 1710

Voici ce que les sources nous indiquent précisément sur cette période :
    1. Le premier semestre 1709 dans les sources
Pour la moitié de l'année 1709, les sources ne contiennent qu'un seul acte : le baptême de Margueritte Lelong, le 11 mai 1709. Cet acte concerne une famille de la haute noblesse locale (le seigneur de la Monnoye et le seigneur du Chastelet). À travers ce seul document, la crise humanitaire n'est pas directement visible, car il se concentre sur l'élite sociale qui est généralement la mieux protégée contre les famines.
    2. L'émergence de la crise au début de 1710
En revanche, les registres du premier semestre 1710 (période où les effets de la famine de 1709 se font le plus durement sentir en France) montrent une accumulation inhabituelle de décès à Chavroches :
• Une mortalité élevée en hiver : On dénombre plusieurs inhumations rapprochées entre janvier et mars 1710, concernant des vieillards comme Benoist Coudrier (60 ans) ou des femmes comme Denise Favier et Charlotte Chavrier.
• Le cas de la « pauvre de Luzy » : L'acte du 28 février 1710 est particulièrement révélateur de la détresse sociale. Il mentionne l'inhumation d'une « pauvre qui a dit estre de Luzy », fille d'un gentilhomme et mariée à un dénommé Lallemand. Le fait qu'une femme de naissance noble finisse sa vie comme indigène errante loin de chez elle est un indicateur fort d'une désorganisation sociale et d'une crise humanitaire profonde.
• Poursuite des décès au printemps : La mortalité continue en avril et mai 1710 avec les décès de Gilbert Martinet (meunier), François Guillot (sergent) et Claude Poirot (60 ans).
    3. Analyse de la situation sociale
Il est important de noter que si la crise frappe les plus démunis, les sources montrent que la structure sociale de Chavroches reste hiérarchisée :
• Les membres de la noblesse continuent de célébrer des baptêmes prestigieux en 1709.
• Certains défunts de 1710, comme le meunier ou le sergent, conservent le privilège d'être inhumés dans l'église, tandis que d'autres, comme Claude Poirot, sont enterrés au cimetière.
• La grande majorité des témoins locaux (Jean Jamme, les familles Chappenay ou Remille) sont décrits comme ne sachant pas signer, ce qui souligne la fragilité de la population rurale face aux aléas de l'époque.
En conclusion, si le premier semestre 1709 n'est représenté dans vos sources que par un acte de naissance privilégié, c'est le premier semestre 1710 qui porte les stigmates évidents d'une crise humanitaire, mêlant mortalité des aînés et déchéance sociale de personnes déracinées.

DOCUMENTCOMPLET

Souvenirs de Pâques 1879 à Chavroches

   Alphonse Ramin a tenu un journal intime pendant l’année 1879. Il évoque Pâques et la fête à Chavroches chaque lundi de Pâques. En entendant la musique des cornemuses et des vielles, il se souvient de son enfance et des œufs qu’on fait rouler sur l’herbe. Alphonse Ramin est anticlérical. Il dénonce les abus du clergé, les croyances mêlées de superstitions. C’est un révolté de son époque. 
   Ses souvenirs sont précieux puisqu’il évoque la vie, les comportements et les fêtes populaires. Dans les années 1870, on danse en haut du bourg au son de « la musette » (petite cornemuse comme en Auvergne) et de la vielle. On joue, on danse en sabot, et on s’embrasse après chaque bourrée, après chaque « figure » car chaque air correspond à une danse à deux ou à quatre, en ligne ou en carré.
Il parle aussi de la tradition immémoriale des œufs de Pâques que l’on fait rouler dans les prés.

Ci-dessous les textes originaux du carnet d'Alphonse Ramin.   (Cliquer pour visualiser le diaporama en plein écran)

Carte postale début 20ème siècle et oeufs décorés en 2015

Les œufs de Pâques à Chavroches en 2015

Extrait du bulletin municipal de l'été 2015

  Samedi 11 avril, premier jour des vacances, 35 enfants se sont répartis en deux groupes suivant leur âge. Les grands ont cherché les œufs magnifiquement décorés par Sophie Matho et Anne-Lise Murat, autour du château et de l'église. Une fois les œufs trouvés, les enfants ont participé à plusieurs jeux organisés autour de la roulade des œufs et d'un goûter offert par les bénévoles puis ont chacun reçu un joli ballotin de chocolats. Une belle journée où même le soleil a su être de la partie.

Pâques à Chavroches en 1888

   A cette époque, la paroisse est desservie par l’abbé Barathon. Il habite au presbytère, dans la maison du château qui est une propriété communale depuis 1860. Georges Tessier, jeune médecin de la commune, est devenu maire le 3 avril 1887, succédant à Jean Alphonse Ramin. Alphonse Ramin se disait anticlérical alors que Georges Tessier dirige la commune dans le respect des croyances pour moderniser Chavroches. Il fait ainsi partie du « conseil de fabrique » qui gère le fonctionnement de l’église tout en développant l’école laïque.

   Le 13 avril 1888, soit deux semaines après Pâques qui était le dimanche 1er avril, l’abbé Barathon rédige un rapport qu’il adresse au vicaire général du diocèse de Moulins. Il se félicite ainsi de l’attitude des habitants de la commune qui sont respectueux de la pratique religieuse et sont fidèles à la communion pascale. Ce rapport fait suite à « une mission paroissiale » qui eut lieu avant Noël 1887.

 

   Comme dans de nombreux village, partout en France, cette mission a été l'occasion d'ériger une croix commémorative sur une place ou à un carrefour. A Chavroches, cette croix a donné son nom au lieu-dit : "la Mission".

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L'ETANG DE CHAVROCHES

    L’étang  de Chavroches fait partie du patrimoine local. IL est apprécié des promeneurs, des pêcheurs et des photographes. Il existe depuis le Moyen-Age et les archives de l'Allier ont heureusement conservé un texte de 1509, mis à jour en 1682. Ces documents permettent de retrouver ses limites, ses propriétaires, et ses changements de noms.

Au 16ème siècle, il s'appelait l'étang de Chaveroche, au 17ème l'étang de Beaudéduit, au 18ème l'étang de Bataille et l'étang Bataille de nos jours.

Il est possible de lire la transcription des textes de 1509 et de 1682 dans le document joint, accompagnée d'un commentaire.

21 mai 1995 : festival départemental des majorettes à Chavroches

   Le groupe des majorettes de Chavroches a été fondé par Claudie Dumet en 1992. Ses 3 filles en faisaient partie (Aurélie, Emmanuelle et Noëlie BONNEFOY), et c'est Claudie qui entraînait tout le monde. Anne-Marie PERARD et Christiane KESSLER ont beaucoup aidé pour la confection des costumes. 
Le groupe « Ne t’y fie pas » s’est vite montré dynamique au point d’organiser le 21 mai 1995 le festival départemental des majorettes dans les rues de la commune et sur le stade municipal : 13 groupes dont un groupe allemand, de Coblence. Plus les fanfares de Diou et de Jaligny. Ce fut une journée complète de 10h à 18h30 qui est restée dans les annales de Chavroches et qui a mis en valeur ce joli village perché.

Georges Tessier, médecin et maire de Chavroches (1855-1929) 

            Georges Tessier est le fils de Jean Tessier et Antoinette Bourdais. Il est né à Moulins le 21 septembre 1855 et il s’installe en 1881, à 25 ans, jeune médecin célibataire à Chavroches, à la suite du décès accidentel, en 1879, du docteur Auguste Lucot.
Il épouse Marie Merle qui lui donne trois garçons : Jean, né en 1884, puis Eugène en 1892 et enfin Ferdinand en 1894. Ferdinand Tessier succédera à son père comme médecin à Chavroches et y fera toute sa carrière. La maison familiale est achetée en 1885 à Joseph-Louis Bassot, lui-même héritier d’une grande famille de propriétaires de la région. Cette maison appartient aujourd'hui aux petites-filles de Ferdinand Tessier.

           Georges Tessier (1855-1929) a laissé dans sa famille le souvenir d’un homme intelligent, dévoué et original. C’était un homme de progrès, curieux de tout et passionné par toutes les inventions de son époque, surtout l’électricité, la photographie et l’automobile.  Elu maire en 1887, à 32 ans, il déborde d’énergie pour la commune qui, à cette époque, est à son apogée démographique. Il mène de front la construction de l’école primaire de garçons qui est terminée pour la rentrée 1888, tous les travaux de rénovation de l’église (1887-1892) et la construction de la sacristie (1892-1896). Il travaille pour l’école laïque, tout en étant membre du « conseil de fabrique » qui gère l’église paroissiale où les travaux continuent par l’abaissement du niveau du chœur en 1898 et la réalisation de la fresque de l’abside en 1902.

Maison Tessier à Chavroches. Georges Tessier et son épouse sont sur le perron. Ferdinant Tessier est au premier plan, près de son automobile

Eugène Tessier, devant une automobile Ford, vers 1914

Automobile de la marque Voisin, type C1, qui semble correspondre à la voiture de Ferdiand Tessier.

Place du marronnier, à Chavroches. La carte postale montre l'automobile de Ferdinand Tessier. Photo des années 1920.

Voir le livre "Chavroches au 16ème siècle et en 1900, de Michel Valette, ouvrage disponible à la mairie de Chavroches.

Jean de Lingendes (poète) , Claude de Lingendes (prédicateur jésuite), Jean de Lingendes (aumônier de Louis XIII), 3 cousins et 3 personnalités du 17ème siècle, tous issus d’un ancêtre commun vivant au bourg de Chavroches, Guillaume de Lingendes, au milieu du 15ème siècle.

Cliquer en bas à droite de la vidéo pour voir en plein écran

                Chanson  de Jean de Lingendes


  Si c’est un crime que l’aimer

L’on n’en doit justement blâmer

Que les beautés qui sont en elle,    

    La faute en est aux dieux       

Qui la firent si belle :  

      Mais non pas à mes yeux.

 

  Car elle rend par sa beauté

Les regards, et la liberté

Incomparables devant elle.    

    La faute en est aux dieux      

  Qui la firent si belle :  

    Mais non pas à mes yeux.

 

  Je suis coupable seulement

D’avoir beaucoup de jugement

Ayant beaucoup d’amour pour elle.  

      La faute en est aux dieux    

    Qui la firent si belle : 

      Mais non pas à mes yeux.  

 

Qu’on accuse donc leur pouvoir,

Je ne puis vivre sans la voir,

Ni la voir sans mourir pour elle.    

      La faute en est aux dieux       

  Qui la firent si belle :        

  Mais non pas à mes yeux. 

Jean de Lingendes (né vers 1580 et mort vers 16151) est un poète français. IL appartient à une famille noble importante de la région de Moulins.  Il fut secrétaire du duc de Mayenne. À Paris, Jean de Lingendes fréquente l'hôtel de Rambouillet, haut lieu de la vie littéraire et intellectuelle du XVIIe siècle, où la marquise de Rambouillet tenait salon. 
Il s'illustre dans la poésie lyrique. Il est l'auteur d'un poème composé de cinq chants et près de trois mille vers divisés en sixains, Les Changements de la bergère Iris. Dans les Stances, Lingendes se situe dans l'héritage des élégiaques latins.
Le nom de Lingendes est cité dans Les Caractères de Jean de La Bruyère, présenté comme le contraire d'un sot : « elle va d'égal avec les grandes âmes, avec celles qui font les bonnes têtes, ou les hommes d'esprit. L'âme d'Alain ne se démêle plus d'avec celle du Grand Condé, de Richelieu, de Pascal et de Lingendes ». 

Le poète Jean de Lingendes appartient à la 6ème génération qui descend de Guillaume de Lingendes, propriétaire de la Barre à Chavroches. Son père était avocat à Moulins mais sa mère et sa sœur venait souvent à Chavroches. Leur métairie de la Barre fut la demeure de sa mère quand elle fut veuve à partir de 1614. Cette métairie de la Barre passa ensuite à Catherine de Lingendes, la fille du poète, et resta ainsi dans la famille de Lingendes jusqu’à la moitié du 18ème siècle.
Jean de Lingendes, le poète, eut deux cousins célèbres au 17ème siècle. D’abord Claude de Lingendes, prédicateur jésuite dont les sermons étaient réputés, et un autre Jean de Lingendes, évêque de Maçon, aumônier de Louis XIII qui prononça son oraison funèbre en 1643 à Saint Denis.

Registre-paroissial-de-chavroches
1,8 Mo
Registre-paroissial-de-chavroches.pdf
Chavroches 1900 Age-d-or
18 Mo
Chavroches_1900_Age-d-or.pdf