Carte postale début 20ème siècle et oeufs décorés en 2015
Le livre qui a vraiment été bien accueilli par les lecteurs est à nouveau disponible à l'achat en mairie, sur place ou par courrier
Un livre de 138 pages au format A4, richement illustré et documenté par Michel Valette. L'association des Amis du Patrimoine de Jaligny et de ses alentours vous le propose au prix de 25 euros.
collection de photos d'Isabelle Tablet
1. Introduction et cadre juridique de l'état des lieux
Le présent texte porte sur l’analyse de l’acte dressé du 7 au 9 juin 1724 en la paroisse de Trezel. Cette procédure, conduite par Maître François Jacob, notaire royal à Saint-Léon, s’inscrit dans un cadre juridique rigoureux dicté par une ordonnance du sieur le châtelain de Moulins datée du 30 mai 1724.
L’acte fait suite au décès de Maître Charles Brirot, avocat en la cour, dont la succession nécessite un inventaire contradictoire avant la mise en œuvre d’un nouveau bail. Les parties prenantes à cet acte de « mise en valeur » sont :
· Louis Annaud : Laboureur demeurant à Trezel, agissant comme preneur et adjudicataire du revenu des immeubles.
· Marien Lavenier : Docteur en médecine, intervenant en qualité de tuteur de Claude Brirot et de « mari et maître des droits » de Charlotte Françoise Brirot, héritiers du défunt.
· François Robert : Métayer en place, garant de la direction du ménage et de l’exploitation effective des terres.
L’objectif de ce procès-verbal est de consigner l’état des bâtiments, l’étendue des semences et la valeur du cheptel, afin de fixer les responsabilités et les éventuelles déductions de fermage liées aux réparations nécessaires.
L'intérieur des bâtiments aux Guitons. La pièce principale d'habitation a un sol irrégulier en terre battue, une table et des bancs un lit avec sa paillasse. Une grande cheminée et un four en mauvais état. Ce sont des conditions de vie très rudimentaire.
L'étable n'est pas en bon état et ne paraît pas assez grande pour faire tenir tout le bétail.
1. Un dynamisme démographique porté par la jeunesse
· Vitalité : La commune compte 921 habitants. Le groupe le plus représenté est celui des enfants de 0 à 4 ans, signe d'une natalité très forte.
· Célibat : Plus de 53 % de la population (488 personnes) est célibataire.
· Vieillesse : Les personnes de plus de 80 ans sont très rares, la moyenne d'âge des rentiers (souvent des veuves) étant de 68 ans.
2. Une organisation spatiale tripartie
· Le Bourg (316 hab.) : C'est le centre du pouvoir avec le maire (notaire), le commissaire, le curé et l'instituteur.
· Marseigne (207 hab.) : Un quartier de passage animé par des aubergistes, des voituriers et des cantonniers.
· La zone éparse (605 hab.) : Elle regroupe la majorité des Jalignois (65,7 %) tournés vers la terre et les domaines.
3. Une société de travail précoce
· Hiérarchie agricole : Les chefs laboureurs dirigent de grands domaines familiaux, appuyés par une multitude de journaliers et de domestiques.
· Travail des enfants : On entre au service domestique dès 9 ans (comme Françoise Bouillaud) et la tranche des 10-19 ans fournit l'essentiel des apprentis et aides familiaux.
· Santé : Un point noir notable est l'absence de médecins ou pharmaciens ; seule la sage-femme Marie Labrosse assure l'encadrement médical.
Infographie qui représente, d'une façon schématique, les activités et la structure globale de Jaligny sous l'ancien régime
AVEU ET DENOMBREMENT que donne au roy par devant vous monsieur le lieutenant general et officiers de sa majesté en sa province de Bourbonnais, dame françoise de quatrebarbes de la rongere baronne de saint denis du maine et dame du coudraz et autres lieux, veuve de puissant seigneur et messire éléodor clément guillaud de la Motte chevalier baron de Jalligny, Boucé, Treteaux, Sorbier et autres lieux et places, brigadier des armées du roy et son lieutenant en cette province de Bourbonnais, colonel du régiment de la motte, au nom et comme tutrice de Messire Henry léon Guillaud de la Motte chevalier lieutenant du roy de cette province capitaine du chateau royal de moulins capitaine dans le régiment de provence infanterie seigneur baron de Jalligny leur fils, des choses quelle possede noblement audit nom en fief foy et hommage de sa majesté à cause de la baronnie de Jalligny , chatellenie de treteaux, seigneurie de sorbier, de vécé, laras, et autres fiefs joints et annexés à laditte baronnie de Jalligny appartenant audit sieur de la Motte son fils, suivant le testament olographe dudit defunt seigneur de la Motte du vingt mai mil sept cens sept desquels fiefs baronnie et seigneurie laditte dame de la motte audit nom a fait foy et hommage à la chambre du domaine de cette province le dix sept décembre mil sept cent seize, relative a celle faite pour laditte baronnie de jalligny par dame antoinette damboise comtesse de varax baronne de jalligny dame de Barbezieux veuve de puissant seigneur messire antoine de la Rochefoucault chevalier de lerdre gouverneur de Paris et isle de france le vingt et un septembre mil cinq cent quarante.
Ce document, dont l'introduction originale et sa transcription sont ci-dessus, est exceptionnel car il est unique étant donné que le château de Jaligny ne possède aucune archive ancienne. Il est exceptionnel également car il est consultable et téléchargeable en ligne dans un lieu surprenant : les archives numériques du Québec à Montréal. Pour voir le document, il suffit de cliquer sur le lien ci-contre.
Une suite de diapositives au format PDF
2 pages pour lire le contenu essentiel
L'aveu et dénombrement de 1726 recense tous les droits que peut percevoir le château de Jaligny sur les propriétés en dépendant. La « fontaine » de Jaligny est citée 5 fois comme lieu de référence pour situer les biens dont il s’agit.
Texte 1
« Une maison avancement et pillier dicelle assise en la ville de Jalligny joignant la grande rue allant de la place a la fontaine de midy, et la place de ladite ville de nuit. »
Commentaire : on peut penser qu’il d’une maison dont l’étage avance sur la rue, soutenu par un pilier. La place n’est pas située mais il ne pourrait s’agir que de la place du marché, située entre la muraille et le cœur de l’église.
Texte 2
« Sur un petit jardin d’un quart de coupée assis en ladite ville joignant la maison des hoirs lefevre dorient, le chemin de la fontaine a la tour carrée de midi. »
Commentaire : un quart de coupée correspond à 180 m2. La tour carrée est desservie par un chemin qui vient de la fontaine.
Texte 3
« Item est deub a la dame denombrante audit nom par Jean Bonin seize deniers forte monnaye et trois coupes d’avoine de cens suivant la reconnoissance de Jeanne Le Barbay veuve de abraham du fort du deux juillet 1688 audit terrier fol. 26 verso sur une maison assise audit lieu joignant l’écurie du sieur Josse dorient, la rue de la fontaine a la tour carrée de midy. »
Commentaire : Ce droit est justifié par un terrier de 1688. On constate qu’il y a une écurie dans le bourg. La rue de la fontaine est citée, ce qui signifie qu’elle existait en 1688.
Texte 4
« Plus quatre deniers tournois de cens suivant ladite reconnaissance sur une maison assise en ladite ville joignant a la rue du portail de besbre à la fontaine de bise et a autre maison de ladite michelet d’orient. »
Commentaire : on peut se demander le sens de « Portail de Besbre ». Mais comme le tracé semble direct entre la fontaine et le « portail », il doit s’agir de l’ancienne porte fortifiée de Jalligny.
Texte 5
« Plus une coupe de froment meme mesure de cens sur une maison assise en ladite ville joignant le chemin venant de la fontaine a la place publique dorient et la maison des héritiers Beraud de bise. »
Commentaire : Une coupe de froment (ou blé boulanger) vaut environ 13 litres. Sa capacité exacte dépend si l’on parle de la mesure de Jalligny ou de Chaveroche. A l’époque parle d’occident, d’orient, de midy, de bise(ou de nuit).
Ces textes parlent du cens dû au château, sorte d’impôt foncier payé par les propriétaire.
Vous connaissez probablement notre Fontaine. Elle s'est beaucoup dégradée au cours des derniers mois et elle est très mal en point.
La politique patrimoniale de la commune de JALIGNY rejoint nos aspirations à voir entretenu le bâti ou le patrimoine vernaculaire. Rappelons notre investissement pour l’aménagement de la Place du monument aux morts inachevée depuis un siècle.
Le conseil municipal a accepté de s’engager dans la restauration la Fontaine (puits). Pour rappel, en son état actuel, elle date de la seconde moitié du 19ème siècle.
Depuis des temps immémoriaux, elle a alimenté la population de la ville close. Sa dernière restauration remonte aux années 1920 car, à la suite d’une sécheresse prolongée, la source semblait tarie. L’eau venait par « filtration » d’une citerne située sous une maison voisine. Le conseil municipal décida de « faire toutes les réparations utiles et notamment de diriger le tuyau d’aspiration sur la citerne située sous la maison des héritiers Boudeville. »
L’ensemble de l’édifice actuel est en grès rouge, surmonté d’un bâti métallique avec un levier à bascule. Tombé en désuétude, il est devenu « un site mémorial » d’un mode de vie ancien.
La commune a déposé une demande de subvention "dotation d’équipement aux territoires ruraux a été sollicitée". Elle pourrait être à hauteur de 45 % de la dépense HT qui s'élève aujourd’hui à plus de 13 500 €. La Communauté de Communes pourrait abonder le financement à hauteur de 1500 € maximum.
Afin de soulager les finances municipales, la Fondation du Patrimoine a été sollicitée. Le club des Mécènes de cette fondation a alloué une somme de 3000 € pour faciliter la rénovation et notre association, les Amis du Patrimoine de JALIGNY suite à l'assemblée générale du 5 novembre 2022 a décidé de faire un don de 500 €.
Pierre et Romane de l'entreprise "Pierres et Chaux" de Bressolles ont terminé la reconstruction de la fontaine. Ils ont remplacé la pierre de Liernolles par du grès des Vosges, de teinte semblable et surtout beaucoup plus résistant. Il ont respecté le plan "à l'identique". Le partie métallique supérieure sera posée ultérieurement. La dernière photo de la galerie montre montre le très mauvais état de la fontaine d'origine.
L ’épidémie de choléra qui frappe la France à partir de 1832 n’épargne pas les campagnes du Bourbonnais, même si son impact y est moins spectaculaire que dans les grandes villes.
Le tableau des décès observés à Jaligny-sur-Besbre entre 1832 et 1841 permet d’en mesurer concrètement les effets.
En 1832, année de l’arrivée du choléra en France, le nombre de décès reste relativement limité (10 décès). Cette faible mortalité s’explique par le caractère rural de Jaligny : la population est dispersée, les contacts sont moins nombreux et la maladie met plus de temps à s’installer que dans les centres urbains. Toutefois, la présence du choléra est bien réelle.
Les années suivantes montrent une augmentation progressive des décès, avec un net pic en 1833 (19 décès) et surtout en 1834 (24 décès). Ce décalage est typique des campagnes bourbonnaises : le choléra ne frappe pas brutalement, mais s’installe durablement, revenant par vagues successives. Les conditions sanitaires restent précaires : l’eau provient souvent de puits ou de rivières, les notions d’hygiène sont limitées, et l’origine de la maladie demeure incomprise.
À partir de 1835, le nombre de décès diminue (13 en 1835, 11 en 1836), signe d’un reflux de l’épidémie. Cependant, la mortalité ne retrouve pas immédiatement un niveau bas. Les années 1837 à 1841 montrent une alternance de rémissions et de reprises, avec plusieurs années élevées (22 décès en 1839 et 1841). Ces chiffres traduisent les conséquences durables de la crise sanitaire : populations affaiblies, maladies intestinales persistantes, retours ponctuels du choléra ou de maladies apparentées.
Ainsi, à Jaligny comme dans l’ensemble de la campagne bourbonnaise, le choléra ne se manifeste pas par une hécatombe soudaine, mais par une surmortalité étalée dans le temps. Le tableau illustre une réalité rurale : une épidémie silencieuse, progressive, profondément déstabilisante pour les communautés, et dont les effets se font sentir bien au-delà de la seule année 1832.
L'analyse des données démographiques de Jaligny au milieu du XIXe siècle révèle une commune en pleine mutation, caractérisée par une croissance démographique robuste malgré une mortalité juvénile préoccupante.
Une croissance démographique soutenue Entre 1836 et 1866, la population de Jaligny a connu une progression remarquable, passant de 627 à 950 habitants. Cette augmentation de 323 habitants représente une hausse de près de 50 % en l'espace de trente ans. Cette dynamique s'explique en partie par un taux de natalité élevé, enregistré à 40 pour mille habitants (252 naissances entre 1833 et 1843).
Les défis de la mortalité Cependant, cette croissance doit composer avec une réalité sanitaire fragile :
· Mortalité globale : Entre 1854 et 1863, la commune a enregistré 174 décès, soit une moyenne de 17 par an, pour un taux de mortalité moyen de 19 pour 1000 habitants.
· Le poids de la mortalité juvénile : Le point le plus saillant des sources est que presque la moitié de la mortalité (44 %) concerne les jeunes de moins de 20 ans. Sur les 174 décès de la décennie, 77 étaient des jeunes, avec une moyenne de 8 décès par an pour cette tranche d'âge.
· Fluctuations annuelles : Les chiffres montrent des variations importantes, notamment une année noire en 1859 avec 34 décès, soit le double de la moyenne annuelle, dont 13 concernaient des jeunes de moins de 20 ans. À l'inverse, des années comme 1857 ou 1862 ont été plus clémentes avec seulement 10 décès enregistrés.
En résumé, si Jaligny parvient à accroître sa population de manière spectaculaire, elle reste soumise à une forte pression biologique où la survie de la jeunesse constitue le principal défi de l'époque.
"Jour de Pâques" – Théophile Gautier
Le ciel est pur, la terre est fraîche,
Les cloches sonnent dans les airs,
Le vent joyeux chasse les brumes,
Et le printemps rit aux prés verts.
La croix s'efface dans la gloire,
Le tombeau cède à la clarté.
Ô jour vainqueur de la nuit noire,
Chante la vie, la vérité !
"Pâques" – Marie Noël
C’est Pâques, tout renaît, la branche et la colombe,
L’herbe pousse à nouveau sur le bord du chemin,
Une étoile descend, le silence succombe :
Le monde est jeune encore au creux de ce matin.
Un souffle court le long des âmes engourdies,
La pierre du tombeau s’ouvre sur l’infini…
"Résurrection" – Paul Claudel
Il est ressuscité !
Il a percé la nuit comme une aurore,
Il a brisé la pierre, il a franchi la mort,
Il est sorti du tombeau, libre et fort.
Le monde est lavé, la vie peut recommencer.
L’homme a trouvé sa lumière, son destin éclairé.
"Les cloches de Pâques" – Maurice Carême
Les cloches, ce matin,
Ont chanté dans les cieux,
Et des œufs par centaines
Ont poussé dans les lieux !
Sous les buissons fleuris,
Dans l’herbe encore mouillée,
L’enfant court et sourit,
La joie est réveillée !
Vente du livre : Histoire du patrimoine de Jaligny et de ses alentours
Samedi 27 juin : Théâtre au Lonzat
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